Au XXe siècle, la politique n’est pas seulement une affaire de partis, de gestion économique ou de rapports de force. Sous la pression conjuguée du capitalisme, du fascisme et du marxisme, la politique s’est métamorphosée en un terrain d’affrontements métaphysiques où se joue le sens même de l’existence et de l’Histoire. Le XXe siècle est le temps des idéologies. C’est dans ce contexte de polarisation, exacerbé par la guerre froide, que s’inscrit l’œuvre du sociologue, philosophe et journaliste Raymond Aron : L’Opium des intellectuels.
Publié en 1955, deux ans après la mort de Staline, ce traité est une réponse à l’absence de contradiction dans le débat intellectuel. Aron, face à l’unanimité de l’intelligentsia, s’interroge : pourquoi les professionnels de l’esprit succombent-ils si facilement au dogmatisme radical ? Pourquoi tous les intellectuels, sauf quelques non-conformistes, sont-ils de gauche ? Les réponses qu’appellent ces questions permettent à Aron de définir les pathologies des intellectuels, de déconstruire les illusions progressistes et d’affirmer les critères qui distinguent le fanatisme doctrinaire du scepticisme libéral.
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