Il y a de bonnes et de mauvaises solitudes, des solitudes tristes et des solitudes heureuses. Il y a la souffrance que l’exclusion impose et la joie d’être avec soi, de se redécouvrir. La solitude peut-elle être une amie que l’on accueille joyeusement ? Le célèbre proverbe populaire de Gringore, « Mieux vaut être seul que mal accompagné », semble répondre par l’affirmative. Et pourtant, quoi de plus honni que cette même solitude ?
Telle est bien la question soulevée par Jacqueline Kelen dans son magnifique livre, L’Esprit de solitude. Ce livre, qui se présente comme une analyse de la solitude, mobilise des exemples d’hommes et de femmes, de mythes et de légendes afin de nous présenter un idéal de solitude bien différent de l’image morbide qui lui est souvent associée. Au fil de la lecture, Kelen transforme notre vision de la solitude. Être seul, être libre, c’est vivre dans ce lieu heureux où réside la dignité de l’homme.
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