Et si l’homme souffrait d’un mal spontané, naturel, dont la conséquence serait l’illusion et l’idéalisme permanent ? Et si cette illusion rétrospective sur la vie, le monde et l’histoire l’entraînait systématiquement à chercher un « pourquoi » et du sens, là où il n’y en a pas ? Et si l’histoire n’allait en fait nulle part ?
Les sociétés naissent, se développent, progressent. L’homme aussi, tout comme sa technique. Tout semble aller quelque part. Le christianisme, la philosophie, les croyances qui l’entourent lui disent : « Tu as un but. Progresse. Va au Paradis. Adore Dieu. Trouve le bonheur. » L’homme reconstruit sa vie. Il pense avoir une fin. Il pense que l’histoire a une fin supérieure. La vie aurait un sens.
Mais Nietzsche bouleverse cette représentation. L’histoire n’a ni fin ni sens ; elle ne poursuit aucun but caché. Il n’existe aucune finalité objective et déterminée. C’est ainsi que Pierre Chassard présente la philosophie nietzschéenne dans son livre publié en 1977 aux éditions Copernic, maison associée au courant de la Nouvelle Droite. Il y propose une lecture détonante de Nietzsche : à ses yeux, le philosophe ôte l’univers des mains de toute puissance supérieure et rend ainsi l’histoire aux hommes.
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